Nature Facture

Nature Facture

Un mode de vie emprunt de nature est-il plus authentique ?

Conférer un caractère naturel à notre manière de vivre, est-ce pour autant l’inscrire dans une facture animée ?
Essai pour un design authentique, en collaboration avec Axel BIDAULT (designer graphique).
Photographies prises à la foire Éco-bio de Colmar.

Extraits écrits :

Incarnation la plus tangible - vent qui gémit et roseau qui soupire - émotions exacerbées. Romantisme à outrance, désabusé. D’ailleurs conséquent à l’esprit, vie mondaine tracassée. On ne voit que signe, dédain du goût ne faire que favoriser le manifeste. Champêtre écho serein ou colère musicienne du déclin. Je ne vois que toi essence, composition, matière d’une chose. Je ne vois que toi l’origine et le devenir de cette même chose dans sa spontanéité et sa léthargie temporelle. Nature composée sur un plan technique. Instrument feuille tournoyante flottante absorbée. Un lieu atmosphéré. Il tombe alors quelques bruits, émus, pourtant vaine ombre obscure et taciturne. Couler pour eux : l’ensemble choses et êtres ; la réalité.

Tu es ce que tu nous fais croire, ce que tu nous donnes à sentir. Mentir, tu nous as ? Tu nous as immiscé dans l’ensemble de la réalité matérielle considérée comme indépendante de notre activité et de notre histoire. Pur(g)e ou éphémère ? Peu nous importe, dorénavant tu es nous. Dépendance inavouée, regardons mieux nous disparaître, être dans un lieu inconnu. Un retour aride, désertique, désolée, luxuriante, tropicale, sauvage. Cadre de vie fournis tes ressources ; sois le lieu, la source et le résultat de phénomènes matériels affabules. Force symbolisée. Nature agencée sur la surface idiopathique. Entourée, subjuguée, étouffée. Je ne sens que toi, tes principes, tes forces, en particulier de la vie, par opposition à mon action. Je ne sens que toi qui n’apparaît pas comme trop (per)mutée. Aire insatiable, irrespirable, happée par une envie de juvénilité. Je respire toi.
Je ne respire que toi, tes caractères, tes propriétés qui donnent la spécificité. Je ne respire que toi, sexuelle, instinct, appétit. Naturée et exaltée. Salubres, florissantes, tendances de tes traits profonds constitutifs de toi. Mièvre extase matinale qui soudain devient toi : tout. Et là, nous sommes apprivoisés = tu es ce que tu nous laisses à sentir. Respirée, expirée, respirée, expirée. Sans cesse en crasse croissante, ta beauté atteinte jalousée sans qui. Incommun de perfection, tu nous as. Touchée. Hémorragies aquatiques, poison ventilé, orgueil enflammé, terre louée. Répands-toi, et prends-nous. Prends tout.

Sonore et frissonnante, humide et abondante, suave et secrète, nous ne pouvons que. Soupirer de toi parce que jamais je ne t’arriverais. Envelopper de toi, j’arriverai. Secret, tu nous as ? Gardée, ensevelie, petite dans ton non-lieu qui est partout. Dessein désiré, tu es tout. Nature composée sur un plan technique.
Je ne vis que toi.


Printemps 2016 - éditions
A5 et 120x120mm
Essai : écrits et photographies


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